Kojima annonce Metal Gear Solid : Ground Zeroes


Hideo Kojima est un génie et je le pense sincèrement.

Aucun autre créateur ne m’a autant sidéré par la densité des univers qu’il imagine et par sa capacité à imposer des références graphiques et artistiques à chaque génération de console.

Attentif au moindre détail, j’ai l’impression de partager avec lui une certaine vision du jeu vidéo, de l’écriture et de la cinématographie. Ce type est un artiste jusqu’au-boutiste et pas un simple concepteur de soft.

L’annonce

Kojima vient d’annoncer Metal Gear Solid : Ground Zeroes à l’occasion des 25 ans de la série.

Comme toujours depuis mes 13 ans, j’ai picoré la moindre information ayant filtré de la conférence pro. Comme toujours, j’ai visionné le trailer de façon quasiment religieuse après sa parution sur le web suite à la PAX Prime de Seattle (lien vers la vidéo en fin d’article). Et j’ai pris une bonne fessée.

Démonstration technique

Palissade grillagée, pluie battante, lumières qui bavent, soldats suréquipés, chiens de gardes qui aboient… Voilà qui ressemble à toutes les séries B diffusées sur la TNT. Pourtant, on est immédiatement happé par la qualité visuelle et la maitrise du plan-séquence de 10 minutes qui constitue cette cinématique.

Cinématique ? Non en fait, il s’agit du moteur du jeu, même s’il faut un peu de temps pour y croire. La maîtrise technique et artistique permet de pousser les consoles actuelles vers des sommets grâce au Fox Engine, le nouveau moteur 3D développé par les studios de Kojima. Des visages aux éclairages en passant par les équipements, les décors et l’ambiance sonore, un vent de perfection souffle sur cette bande-annonce !

La pluie et les spots lumineux ayant une importance capitale dans ce rendu époustouflant, j’attends de voir des environnements de jour afin de crier définitivement au génie, mais la flaque de salive qui envahie mon bureau discrédite mon objectivité.

Années 70 ?

Le non-initié pourra s’émerveiller face à la vidéo mais n’y comprendra pas grand-chose. Les personnages évoqués proviennent de l’épisode PSP Peace Walker, tandis que les deux nouveaux visages (un juvénile et un monstrueux) provoquent déjà l’excitation sur des centaines de forums de fans hardcore.

On retrouve un Big Boss plus charismatique que jamais qui amorce l’infiltration d’une base militaire. Il dispose d’une imposante lunette de vision nocturne et d’un diffuseur de plan holographique. Sur son bras, l’emblème de l’unité Fox.

Je ne m’attarderai pas sur mes pistes scénaristiques préférées, mais il est clair que Kojima va exploiter un terrain de jeu qui peut s’étendre de 1975 à 1995. Il peut par exemple évoquer la naissance des Snakes, traiter en détails les interactions entre les patriotes… Ce trailer joue donc parfaitement son rôle et me fait sombrer dans une folie jubilatoire.

Surprise et doutes

Annoncé comme le prologue de Metal Gear Solid 5, Ground Zeroes n’est donc pas un épisode numéroté. Ce détail est important puisqu’un épisode en marge peut se permettre d’innover en prenant des risques.

Ce risque, c’est le choix d’un « monde ouvert » que Big Boss arpentera de jour comme de nuit. Kojima concrétise-t-il ainsi son engouement conceptuel pour le premier Assassin’s creed ? Cherche-t-il à mettre l’accent sur des fonctionnalités de gestion de troupes ou le multi-joueur qui plait à tant de joueurs aujourd’hui?

J’ai donc peur, car si la majorité des gamers actuels veulent du GTA-like, j’ai une affection inaltérable pour les huis-clos. J’estime en effet qu’un univers aux dimensions réduites permet de soigner chaque lieu, chaque angle de caméra et d’instaurer une vraie relation entre le joueur et l’environnement. Comme dans Metroid ou Castlevania, je veux explorer des lieux déjà visités en disposant d’un pouvoir supplémentaire (ou d’une arme ou d’une carte d’accès quoi) pour me surprendre à débloquer de nouveaux embranchements.

Le monde ouvert pousse plus facilement les développeurs à tout miser sur la liberté d’action, proposant des lieux beaucoup plus génériques et moins soignés pour des questions de limitation technique. Bref, en apparence on y fait plu de chose, mais en réalité est-ce vraiment intéressant ?

Idem pour le multi-joueur. Quitte à passer pour un marginal, je préfère un jeu solo à la durée de vie limitée et à l’intensité maximale plutôt que des modes collaboratifs chiants et surtout incompatibles avec ma vie professionnelles. Il m’est même insupportable de voir des testeurs professionnels descendre un jeu car il n’a pas de mode multi-joueur. Ouvrez les yeux ! Ca nous a déjà tué Uncharted 3, n’en faîtes pas plus !

Mais bon, là on parle du grand Hideo Kojima, dois-je le rappeler, alors soyons confiants !

4 réflexions sur “Kojima annonce Metal Gear Solid : Ground Zeroes

  1. Si je ne m abuse mon pti damikun, le premier mgs était dans un environnement que l on peut considérer comme ouvert dans la mesure ou l on revenait sur nos pas. D ailleurs un environnement ouvert n est il pas simplement un huit clos gigantesque dans lequel notre héro fait des allers retours afin d accomplir quelque basse besogne? Le système d amélioration des armes de mgs4 préfigure d ailleurs d un environnement futur ou le joueur gagnera en liberte de choix et d action. Sans oublier le mode multi proprement gosu ( même si ce n est pas 100 gugusses jetés pele mêle

    • Dans la map du jeu. Il n en reste pas moins que si cet pour se retrouver avec un univers générique et générer à coup de redondance de texture, ça sent un peu le perems. Ce dont je doute car mgs propose à chaque épisode dans lieux et ambiance différents. Donc oui grosse claque visuelle. Oui Big boss en mod métal gear à l ancienne from da Fox hound brigade et oui mon renoi il se pourrait bien qu on retrouve certains perso du premier opus en mode youngsters zinzin. Et merde au multisupport me suis pas acheter une PS3 pour voir un jeux comme mgs se faire pourrir par le processeur et les limitation d une Xbox. Va chier final XIII 2

    • Bien sûr Bredy-kun, parle de « monde ouvert » est un abus de langage car même le plus grand environnement reste un huis clos géant…

      Mais ne jouons pas sur les mots : j’entends par monde ouvert un univers fade et générique, potentiellement immersif mais toujours limité en termes de gameplay. Dans Metal Gear Solid premier du nom, l’héliport, les tours jumelles ou encore le haut fourneau sont autant de lieux dédiés qui auraient perdu leur force s’ils avaient été dupliqué. Au contraire, il s’agissait dans ce jeu de connaître l’emplacement des caméras et d’apprendre par coeur les rondes des gardes. Les aller-retours sont donc très agréables à vivre, car on repasse aux endroits où on était noob avec du gros stinger. Quelle émotion d’ouvrir une porte Pal niveau 5 et se dire « ouais je suis le daron de Shadow Moses ». Sentiment impossible à retrouver dans un Assasin’s creed ou un GTA.

      Dans MGS 2, Kojima ose imposer des struts oranges qui se ressemblent tous en apparence mais qui ont chacun de vraies spécificités. C’est une sorte de pied de nez à la diversification graphique, mais cela va tellement dans le sens du scénario. On est dans un univers isolé, seul face à une intrigue qui nous dépasse. Le lieu devient fascinant et ces choix artistiques prennent tout leur sens.

      MGS 3 est un parfait compromis. Les zones sont beaucoup plus vastes mais chaque forêt à ses spécificités. Les bâtiments sont moins caricaturaux mais très plaisants et travaillés.

      Pour moi MGS 4 est allé un peu trop loin dans les niveaux naturels. Les grands champs de bataille me saoulent trop. C’est génial en termes d’ambiance, mais je préfère me coller à des murs plutôt que de ramper et de sniper au tranquillisant.

      Le système d’arme est pour moi la pire erreur de MGS 4 mais aussi la seule chose que Kojima pouvait faire. Le chapitrage du jeu, l’absence de huis clos donc, empêche ces fameux aller-retours que j’aimais tant. Un système d’obtention ubiquitous des armes étaient donc une évidence, mais je trouve que ça a terriblement moins de charme.

      Je n’apprécie pas les modes collaboratifs et multijoueur. C’est totalement personnel et je le précise car je connais ton amour pour la compétition et le loot 🙂

  2. Et pour rebondir sur tes commentaires facebook, la dernière phrase mon article met bien évidemment en évidence qu’on parle de Kojima et qu’il faut lui faire confiance 🙂

    Mais comme ce n’est pas un épisode numéroté, il peut se taper un délire en mode gestion des troupes comme dans Portable Ops ou Peace Walker. C’est fun mais ça ne m’a jamais excité. Trop générique une nouvelle fois.

    Ma crainte concernant la vidéo vient de la base qu’on infiltre. Ouais, ça pète à mort, mais après tous les miradors et baraques sont similaires. Qu’allons nous trouver d’autres dans cet univers (qui est sans doute une île je pense).

    Par contre, je vois bien un Metal Gear gigantesque que tu vois tout péter à l’horizon. Ca me vend beaucoup de rêve.

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